L’IE : de quoi s’agit-il ?

 

Voir l’article de Wikipédia  qui est excellent dans son format actuel.

Ce qui est effrayant c’est  le nombre de définitions et  le degré d’abstraction, ce n’est pas demain que les dirigeants vont comprendre …

Au point ou nous en sommes  je propose « l’intelligence économique est à l’entreprise ce que la géographie et la météorologie sont pour le voyageur ou le soldat»

 

L’Intelligence Stratégique : de quoi s’agit-il ?

Extrait de "L’intelligence stratégique dans les grandes entreprises françaises", Economica, septembre 2000

« Une définition ressort des experts sollicités :

"Une démarche organisée visant à améliorer la compétitivité par la collecte, le traitement et la diffusion d’informations en provenance de l’environnement qui enrichit le projet stratégique, mobilise les acteurs internes, utilise des outils spécifiques et s’appuie sur des réseaux internes et externes"

         Un lien …entre la pratique de l’intelligence stratégique et les bénéfices.

         Les investigations ont abordé:
- l’environnement des entreprises. Parmi les facteurs importants : la taille de l’entreprise, l’existence d’attaques antérieures, la nature de la concurrence, le secteur d’activité et la part du chiffre d’affaires à l’exportation.
- leur projet stratégique. Le sentiment général est celui d’une guerre économique où les Etats ne sont plus les principaux acteurs.
Les méthodes de l’intelligence stratégique sont issues de l’entreprise. »

 

Ce qui est fascinant dans l’image de l’IS rendue par les entreprises, c’est l’incapacité dans laquelle les acteurs sont de comprendre et de reconnaître la compétence ou l’apport de l’autre à son propre domaine.

Ainsi les hommes d’entreprise considèrent l’Etat comme absent de la guerre économique, l’intelligence stratégique comme issue de l’entreprise alors que les militaires la pratique depuis la nuit des temps.

 

L’IE est-elle une formulation médiatique de l’IS ?

Extrait de "L’intelligence stratégique dans les grandes entreprises françaises", Economica, septembre 2000

« Recherche 1999/2000 : Dans le cadre de l’intelligence économique en France: 

          Cette étude avait pour objectif de faire un bilan quantitatif sur l’intelligence économique, domaine en fort développement au cours des dernières années.

          Ont été sollicités les 5000 dirigeants des entreprises de plus de 200 salariés. 1200 réponses ont été obtenues soit un taux de réponse de 24%.

         Les experts interrogés tout en utilisant la notion d’intelligence économique font surtout référence à celle d’intelligence stratégique (I.S.) comme le font les Anglo-Saxons avec strategic ou competitive ou corporate ou business intelligence. Pour les entreprises françaises interrogées, 51% estiment pratiquer effectivement l’intelligence stratégique. Une définition ressort des experts sollicités : "Une démarche organisée visant à améliorer la compétitivité par la collecte, le traitement et la diffusion d’informations en provenance de l’environnement qui enrichit le projet stratégique, mobilise les acteurs internes, utilise des outils spécifiques et s’appuie sur des réseaux internes et externes »

 

La confusion devient totale IE et IS même combat ? On se trouverait devant un changement de terme ? , De sens ? ,  Pour assaisonner une nécessité de  prise de conscience   ?

 

 
 
L’IE cette incomprise qui vous veut du bien

L’intelligence stratégique Vs l’intelligence économique

Les sciences du management et de l’organisation ont construit depuis les années 20 un corpus de savoir large qui s’enrichi en permanence et qui bénéficie d’une communauté mondiale de chercheurs.

Cette capacité de recherche et de formulation assure à ces savoirs une capacité de renouvellement et d’innovation qui construit leur pérennité et la domination de leur vision.

L’IE dans sa formulation à la Française recoupe de multiples champs couverts partiellement aujourd’hui par les sciences du management, les sciences du traitement de l’information et de l’intelligence artificielle t ce qui conduit a décrédibiliser la démarche, l’IE donnant l’impression pour les hommes d’entreprise de « re-inventer l’eau chaude".

Sans la continuation de l’effort de clarification ( Voir la nouvelle formulation de Wikipédia  )  et de positionnement par rapport aux savoirs des dirigeants et des sciences du management l’IE ne sera q’une mode sans lendemain, le pays perdrait alors le bénéfice d’une démarche qui pourrait devenir originale.

Le but de ce document est d’essayer de clarifier ce qui devrait différencier pour un agent économique, l’intelligence stratégique et tous les savoirs associés, de l’intelligence économique.

L’IE dans sa définition française ne se réduit pas à la « Competitive Intelligence » qui se concentre sur les concurrents, ni à la « business intelligence »  qui traite l’activité habituelle de l’entreprise.

Les deux s’appuient sur ce que l’on appelle communément le « business model » c’est à dire l’équation  qui définie les raisons d’être de l’entreprise (ou de l’organisation).

Les deux utilisent les « Key Success factors »  ou facteurs clés de succès pour identifier les points qui permettent à l’entreprise de se pérenniser dans son environnement.

C’est l’une des dimensions que nous aborderons.

Dans la même perspective si la « gestion de crise » est devenue une discipline a part entière elle ne couvre pas pour autant la dimension « protection » inscrite dans l’IE et le « risk management »

Nous aborderons aussi ce thème.

 

 

L’IE : De qui s’agit-il ?

L’IE est aujourd’hui un concept porté par une population issue d’univers assez éloignés des sciences du management, que ce soient des policiers, des militaires ou des fonctionnaires formés aux techniques de l’espionnage, du renseignement et de la désinformation et ayant une vision géopolitique large.

Ils sont particulièrement bien préparés pour de multiples sujets où les hommes d’entreprises sont  souvent « naïfs, court terme et mal préparés »

La découverte des bases des sciences du management et de l’organisation par cette population les conduit à présenter une vision faussée de ce que pourrait être leur apport aux sciences des organisations, ils se concentrent sur ce qui n’est pas de leur savoir au lieu d’intégrer dans des équipes pluridisciplinaires leurs savoirs dans un corpus commun.

C’est tout l’enjeu de ce document de réflexion dont la thématique se réduit après la prise de conscience reprise dans  la nouvelle formulation de Wikipédia .  

 

 

 

 

 

 

 

L’Agent Économique :  de quoi s’agit-il ?

 

L’AE transforme des flux pour créer de la valeur en utilisant les moyens mis a disposition par les opérateurs et façonnés par les exécutants

 

Cette définition permet d’avoir un vison large des processus concernés par l’IE que ce soit des processus économiques, culturels ou même politiques.

Ainsi un laboratoire de recherche du CNRS opéré par l’état utilise la connaissance pour améliorer celle-ci au profit de l’opérateur (rayonnement, brevets, action publique  …dans le cas de l’état)  et alimenter aussi la connaissance des destinataires que sont les membres de la  communauté  concernée, le chercheur est l’exécutant de cette volonté.

Actionnaire, fournisseurs, client, employés seraient les termes utilises dans le cas de l’agent économique entrepris. Cette dimension a été reprise dans la nouvelle formulation de Wikipédia sans pour autant mettre en avant les liens entre économique, culturel, géopolitique et même théologique ou éthique.

L’entreprise au sens commun n’étant que l’un des cadres d’application de l’IE dans un champs « économique »  interdépendant avec tous les autres cités précédemment.

L’Agent Économique : Que  fait-il ?

Il s’organise pour survivre et atteindre les objectifs fixés par les opérateurs en satisfaisant les attentes de ses  autres composantes.

Pour cela, l’agent économique entreprise a développé des savoirs, des techniques, des moyens au fil des ans.

 

Pour rendre cohérent et efficace l’utilisation des savoirs l’Agent Economique utilise la  théorie des organisations.

 

L’Agent Economique :  le mouvement  et le changement 

 

 

L’Agent Economique face aux changements des objectifs des opérateurs ou des attentes des composantes utilise la stratégie et la tactique pour organiser la gestion du changement de position dans son milieu.

L’Agent Economique et l’information

L’Agent Economique utilise l’information pour  mesurer son action et pour comprendre son milieu.

 

L’Agent Economique et les sources d’information

« Ensemble des actions coordonnées de recherche, traitement, distribution, protection de l’information utile et pertinente pour l’entreprise. »

« Objectif : éclairer les dirigeants sur les situations et leur environnement, pour décider en meilleure connaissance de cause. »

Les sciences du management ont développé depuis de nombreuses années des techniques, méthodes, organisations …pour rechercher, traiter, analyser, interpréter … en meilleure connaissance de cause.

Toutes les sources internes et externes de proximité (clients, fournisseurs, banquier, syndicats …) sont couvertes par les sciences du management, depuis M Porter, les travaux de l’IRE et du IMP Group la vision du domaine de l’entreprise dans ces interrelations avec d’autres a été intégrée.

La définition généralement admise de l’IE n’est que le pale reflet de savoirs pré-existants.

Ce qui devrait différencier l’IE de toutes ces approches  est d’une autre nature.

Les sciences du management traitent des sources d’informations et les besoins d’action/décision associés  fréquents et intelligibles.

·         L’IE par sa dimension globale (géopolitique, politique, …) offre une lecture plus large mettant  en perspective de nombreux aspects de la vie de l’Agent Economique.   

·         L’IE a la capacité à identifier comme significatives des sources considérées jusqu’alors  comme improbables, peu fréquentes ou dont les cycles sont trop longs pour être gérés au jour le jour.     

·         L’IE a la capacité à identifier comme significative des relations considérer jusqu’alors  comme impossibles ou improbables.

La démarche IE, devrait donc exclure les champs traditionnels du management pour se concentrer sur ce qui est la valeur ajoutée de l’IE C’est a dire l’identification des phénomènes devenant significatifs pour la survie de l’agent économique. Dans de nombreux cas l’étude du phénomène et de ses conséquences sera traiter avec les outils issus des sciences du management. La démarche IE, devrait aussi se concentrer la compréhension des forces (ou courants) sur lesquelles l’Agent Economique évolue.

Le nombre d’entreprises qui défaillent non-faute d’avoir mal fait leur travail mais simplement parce qu’elles n’ont pas vu venir la fin du métier qu’elles font.

Ce que l’on pourrait appeler l’effet RADAR de l’IE, c’est à dire sa capacité à identifier le plutôt possible les menaces ou les potentialité de menace.

 

 

 

L’IE et les savoirs en management

« L'Intelligence économique offensive » par Besson et Possin, 1996

 

« L’intelligence économique est d’abord la capacité de saisir des opportunités ou de détecter des menaces…Extensible à tous les problèmes, l’intelligence économique s’intéresse à tout et en particulier aux questions que l’entreprise ne s’est pas encore posées. L’intelligence économique est un outil capable de détecter des menaces et des opportunités de toute nature dans un contexte de concurrence exacerbée. Les lois ordinaires du marché ne permettent plus à elles seules d’expliquer les succès ou les échecs de l’entreprise. Veille environnementale illimitée, l’intelligence économique ajoute à la veille scientifique et technologique une dimension nouvelle rendue nécessaire par la variété des agressions et des mutations de toutes sortes. Face à l’espionnage industriel et commercial dont elle est l’adversaire déterminé, l’intelligence économique met en œuvre des procédés licites et légaux. Au service des entreprises, elle concourt à la prise de décisions par le jeu organisé des questions et des réponses pertinentes. »

 

 

Rien de neuf sous le soleil ?

 

Tout dirigeant d’entreprise dirait que son métier c’est « d’abord la capacité de saisir des opportunités ou de détecter des menaces… » mais si on ajoute qui ne répondent pas aux critères traditionnels des sciences du management on se trouve dans une autre dimension.

Toutes les techniques et savoir mis en œuvre  dans les sciences du management supposent l’acceptation commune de tous les acteurs de règles suivantes.

-Processus de décision et d’action conforme à une rationalité soit économique,  psychologique ou sociologique compréhensible et explicable dans la logique de la décision.

-Respect des règles ethniques et légales.

-Intégrité des domaines au sens de M Porter: les acteurs externes respectent la logique du secteur dans son rapport avec la société.

Ceci est une vision optimiste mais aussi utile pour certains de l’univers économique.

Dans sa version défensive l’Ie devient donc un processus charger d’identifier les « dérapages »  de certains acteurs quant aux règles tacites qui régissent implicitement les acteurs économiques.

Dans sa version offensive l’IE devient un processus charger d’influer sur les règles et les acteurs, ce qui peut se faire autant dans l’illégalité que dans la légalité.

 

Rien de neuf sous le soleil ? Normal on est  à l’ombre !

 

L’AE et les représentations

 

Tout Agent Economique véhicule expressément ou intuitivement  une représentation de sa raison d’être dans sa relation avec son environnement (« Business model ») .

Cette modélisation quasi culturelle répond aux questions suivantes:

            Cette représentation quasi cognitive est le premier enjeux de l’IE avec tous ceux qui peut  affecter le business model pour réduire sont efficacité ou sa pérennité.

Tout Agent Economique utilise son histoire, son savoir pour construire sa vision à la fois des règles qui gênèrent le succès et des actions qui y conduisent (« Key success factors »).

C’est ce que l’on nomme « facteurs clé de succès »

Cette représentation est le second enjeux de l’IE car tous ce qui affecte les facteurs clés de succès est de nature à provoquer l’échec.

Tout Agent Economique présente des risques pour sa pérennité ou son futur potentiel.  Un risque est défini ici à la fois comme une menace au sens militaire du terme, et comme un événement négatif au sens de « la gestion des risques ».

            Ces risques sont-ils opérables ? Par qui ? Comment ?

            Ces risques sont-ils « génèrables » , « augmentables »  par un acteur hostile ?

            Ces risques sont-ils lies à  d’autres enjeux qui dépassent l’Agent Economique ?

            Ces risques sont-ils maîtrisables ?  

Autant de questions qui aujourd’hui sont envisagées partiellement dans une vision du risque perçu comme le mauvais sort ou la malchance.

Cette dimension est le troisième enjeu de l’IE que ce soit dans une vision offensive ou défensive (cela pourrait se dénommer « Key failure factors »).

C’est dans cette approche que se situe la « Veille », le  « Lobbying », la protection des actifs matériels et immatériel.

Les sciences du management n’ont que peut investigué ce domaine officiellement, on peut le comprendre lorsqu’on connaît les sources principales de savoir dans le domaine.

Un savoir sur les « key failure factors » devient en effet une arme  offensive de la guerre économique et culturelle dans laquelle nous sommes.

Faites une recherche sur Internet « Key failure factors » vous y trouverez un nombre de référence ridicule  pour la majorité issues de « Spotting the Losers: Seven Signs of Non-Competitive States » 1998 Ralph Peters ; faites la même recherche avec « key success factors » vous serez noyé sous l’information. Pourquoi a votre avis ?

 

Trois manques pour une approche

 

Deux domaines manque dans la présentation faite par Wikipedia :

-La mise en perspective du CYCLE de L’INFORMATION, dogme de l’IE mais  concept « trivial » du marketing et des études.

-La dimension « manipulation » comme méthode d’influence « non ouverte » par opposition aux autres savoirs du management (marketing, RH,…etc) qui sont « ouvertes et partiellement transparentes » puisque les acteurs en sont identifiés .

-La remise cause des théories « de management stratégique » sur la base des apports de la perspectives IE (SWOT, Porter …etc) qui sont toutes à revisiter.

Et pour illustrer cette idée : consultez les informations disponibles sur le thème des biocarburants, vous conduirait à coup sur vers les chemins des huiles originelles …mais si vous regardiez en arrière pour être capable de voir devant  vous seriez étonné de la force du principe de réalité quand on a l’intention de survivre dans l’univers des affaires. Rendez hommage a R Diesel  et faites le bon choix technologique car si votre « Business model » repose sur les huiles végétales vous pourriez avoir des surprises