L’IE : de quoi s’agit-il ?
Voir l’article de Wikipédia qui est excellent dans son format actuel.
Ce qui est effrayant c’est le nombre de définitions et le degré d’abstraction, ce n’est pas demain
que les dirigeants vont comprendre …
Au point ou nous en sommes je propose « l’intelligence économique
est à l’entreprise ce que la géographie et la météorologie sont pour le
voyageur ou le soldat»
L’Intelligence Stratégique :
de quoi s’agit-il ?
« Une définition ressort des experts sollicités :
"Une démarche organisée visant à améliorer la compétitivité par la collecte, le traitement et la diffusion d’informations en provenance de l’environnement qui enrichit le projet stratégique, mobilise les acteurs internes, utilise des outils spécifiques et s’appuie sur des réseaux internes et externes"
• Un lien …entre la pratique de l’intelligence stratégique et les bénéfices.
•
Les investigations ont abordé:
- l’environnement des entreprises. Parmi les facteurs importants : la taille de
l’entreprise, l’existence d’attaques antérieures, la nature de la concurrence,
le secteur d’activité et la part du chiffre d’affaires à l’exportation.
- leur projet stratégique. Le sentiment général est celui d’une guerre
économique où les Etats ne sont plus les principaux acteurs.
Les méthodes de l’intelligence stratégique sont issues de l’entreprise. »
Ce qui est fascinant dans l’image
de l’IS rendue par les entreprises, c’est l’incapacité dans laquelle les
acteurs sont de comprendre et de reconnaître la compétence ou l’apport de
l’autre à son propre domaine.
Ainsi les hommes d’entreprise considèrent l’Etat comme absent
de la guerre économique, l’intelligence stratégique comme issue de l’entreprise
alors que les militaires la pratique depuis la nuit des temps.
L’IE est-elle une
formulation médiatique de l’IS ?
« Recherche 1999/2000 : Dans le cadre de l’intelligence économique en France:
• Cette étude avait pour objectif de faire un bilan quantitatif sur l’intelligence économique, domaine en fort développement au cours des dernières années.
• Ont été sollicités les 5000 dirigeants des entreprises de plus de 200 salariés. 1200 réponses ont été obtenues soit un taux de réponse de 24%.
• Les experts interrogés tout en utilisant la notion d’intelligence économique font surtout référence à celle d’intelligence stratégique (I.S.) comme le font les Anglo-Saxons avec strategic ou competitive ou corporate ou business intelligence. Pour les entreprises françaises interrogées, 51% estiment pratiquer effectivement l’intelligence stratégique. Une définition ressort des experts sollicités : "Une démarche organisée visant à améliorer la compétitivité par la collecte, le traitement et la diffusion d’informations en provenance de l’environnement qui enrichit le projet stratégique, mobilise les acteurs internes, utilise des outils spécifiques et s’appuie sur des réseaux internes et externes »
La confusion devient totale IE et
IS même combat ? On se trouverait devant un changement de terme ? ,
De sens ? , Pour assaisonner une
nécessité de prise de conscience ?
L’intelligence stratégique Vs l’intelligence
économique
Les sciences du management et de
l’organisation ont construit depuis les années 20 un corpus de savoir large qui
s’enrichi en permanence et qui bénéficie d’une communauté mondiale de
chercheurs.
Cette capacité de recherche et de
formulation assure à ces savoirs une capacité de renouvellement et d’innovation
qui construit leur pérennité et la domination de leur vision.
L’IE dans sa formulation à la Française recoupe de
multiples champs couverts partiellement aujourd’hui par les sciences du
management, les sciences du traitement de l’information et de l’intelligence
artificielle t ce qui conduit a décrédibiliser la démarche, l’IE donnant
l’impression pour les hommes d’entreprise de « re-inventer l’eau
chaude".
Sans la continuation de l’effort de clarification (
Voir la nouvelle formulation de Wikipédia ) et de positionnement par rapport aux savoirs
des dirigeants et des sciences du management l’IE ne sera q’une mode sans
lendemain, le pays perdrait alors le bénéfice d’une démarche qui pourrait
devenir originale.
Le but de ce document est d’essayer de clarifier ce
qui devrait différencier pour un agent économique, l’intelligence stratégique
et tous les savoirs associés, de l’intelligence économique.
L’IE dans sa définition française
ne se réduit pas à la « Competitive Intelligence » qui se concentre
sur les concurrents, ni à la « business intelligence » qui traite l’activité habituelle de l’entreprise.
Les deux s’appuient sur ce que
l’on appelle communément le « business model » c’est à dire
l’équation qui définie les raisons
d’être de l’entreprise (ou de l’organisation).
Les deux utilisent les « Key
Success factors » ou facteurs clés
de succès pour identifier les points qui permettent à l’entreprise de se
pérenniser dans son environnement.
C’est l’une des dimensions que
nous aborderons.
Dans la même perspective si la
« gestion de crise » est devenue une discipline a part entière elle
ne couvre pas pour autant la dimension « protection » inscrite dans
l’IE et le « risk management »
Nous aborderons aussi ce thème.
L’IE : De qui s’agit-il ?
L’IE est aujourd’hui un concept porté par une
population issue d’univers assez éloignés des sciences du management, que ce
soient des policiers, des militaires ou des fonctionnaires formés aux
techniques de l’espionnage, du renseignement et de la désinformation et ayant
une vision géopolitique large.
Ils sont particulièrement bien préparés pour de
multiples sujets où les hommes d’entreprises sont souvent « naïfs, court terme et mal préparés »
La découverte des bases des sciences du management
et de l’organisation par cette population les conduit à présenter une vision
faussée de ce que pourrait être leur apport aux sciences des organisations, ils
se concentrent sur ce qui n’est pas de leur savoir au lieu d’intégrer dans des
équipes pluridisciplinaires leurs savoirs dans un corpus commun.
C’est tout l’enjeu de ce document
de réflexion dont la thématique se réduit après la prise de conscience reprise
dans la nouvelle formulation de Wikipédia .
L’Agent
Économique : de quoi s’agit-il ?
Cette définition permet d’avoir
un vison large des processus concernés par l’IE que ce soit des processus
économiques, culturels ou même politiques.
Ainsi un laboratoire de recherche
du CNRS opéré par l’état utilise la connaissance pour améliorer celle-ci au
profit de l’opérateur (rayonnement, brevets, action publique …dans le cas de l’état) et alimenter aussi la connaissance des
destinataires que sont les membres de la
communauté concernée, le
chercheur est l’exécutant de cette volonté.
Actionnaire, fournisseurs,
client, employés seraient les termes utilises dans le cas de l’agent économique
entrepris. Cette dimension a été reprise dans la nouvelle formulation de Wikipédia sans pour autant mettre en avant les
liens entre économique, culturel, géopolitique et même théologique ou éthique.
L’entreprise au sens commun n’étant que l’un des cadres d’application de l’IE dans un champs « économique » interdépendant avec tous les autres cités précédemment.


L’Agent Économique :
Que fait-il ?
Il s’organise pour survivre et
atteindre les objectifs fixés par les opérateurs en satisfaisant les attentes
de ses autres composantes.
Pour cela, l’agent économique
entreprise a développé des savoirs, des techniques, des moyens au fil des ans.


Pour rendre cohérent et efficace
l’utilisation des savoirs l’Agent Economique utilise la théorie des organisations.


L’Agent Economique face aux
changements des objectifs des opérateurs ou des attentes des composantes
utilise la stratégie et la tactique pour organiser la gestion du changement de
position dans son milieu.
L’Agent Economique et l’information


L’Agent Economique utilise l’information pour mesurer son action et pour comprendre son milieu.
« Ensemble des actions coordonnées de recherche, traitement, distribution, protection de l’information utile et pertinente pour l’entreprise. »
« Objectif : éclairer les dirigeants sur les situations et leur environnement, pour décider en meilleure connaissance de cause. »
Les sciences du management ont
développé depuis de nombreuses années des techniques, méthodes, organisations
…pour rechercher, traiter, analyser, interpréter … en meilleure connaissance de
cause.
Toutes les sources internes et
externes de proximité (clients, fournisseurs, banquier, syndicats …) sont
couvertes par les sciences du management, depuis M Porter, les travaux de l’IRE
et du IMP Group la vision du domaine de l’entreprise dans ces interrelations
avec d’autres a été intégrée.
La définition généralement admise
de l’IE n’est que le pale reflet de savoirs pré-existants.
Ce qui devrait différencier l’IE
de toutes ces approches est d’une autre
nature.
Les sciences du management traitent des sources
d’informations et les besoins d’action/décision associés fréquents et intelligibles.
·
L’IE par sa dimension globale (géopolitique,
politique, …) offre une lecture plus large mettant en perspective de nombreux aspects de la vie de l’Agent
Economique.
·
L’IE a la capacité à identifier comme significatives
des sources considérées jusqu’alors
comme improbables, peu fréquentes ou dont les cycles sont trop longs
pour être gérés au jour le jour.
·
L’IE a la capacité à identifier comme significative
des relations considérer jusqu’alors
comme impossibles ou improbables.
La démarche IE, devrait donc exclure les champs
traditionnels du management pour se concentrer sur ce qui est la valeur ajoutée
de l’IE C’est a dire l’identification des phénomènes devenant significatifs
pour la survie de l’agent économique. Dans de nombreux cas l’étude du phénomène
et de ses conséquences sera traiter avec les outils issus des sciences du
management. La démarche IE, devrait aussi se concentrer la compréhension des
forces (ou courants) sur lesquelles l’Agent Economique évolue.
Le nombre d’entreprises qui défaillent non-faute
d’avoir mal fait leur travail mais simplement parce qu’elles n’ont pas vu venir
la fin du métier qu’elles font.
Ce que l’on pourrait appeler l’effet RADAR de l’IE,
c’est à dire sa capacité à identifier le plutôt possible les menaces ou les
potentialité de menace.
L’IE et les savoirs en management
« L'Intelligence économique offensive » par Besson et Possin, 1996
« L’intelligence économique est d’abord la capacité de saisir des opportunités ou de détecter des menaces…Extensible à tous les problèmes, l’intelligence économique s’intéresse à tout et en particulier aux questions que l’entreprise ne s’est pas encore posées. L’intelligence économique est un outil capable de détecter des menaces et des opportunités de toute nature dans un contexte de concurrence exacerbée. Les lois ordinaires du marché ne permettent plus à elles seules d’expliquer les succès ou les échecs de l’entreprise. Veille environnementale illimitée, l’intelligence économique ajoute à la veille scientifique et technologique une dimension nouvelle rendue nécessaire par la variété des agressions et des mutations de toutes sortes. Face à l’espionnage industriel et commercial dont elle est l’adversaire déterminé, l’intelligence économique met en œuvre des procédés licites et légaux. Au service des entreprises, elle concourt à la prise de décisions par le jeu organisé des questions et des réponses pertinentes. »
Rien de neuf sous le soleil ?
Tout dirigeant d’entreprise dirait que son métier c’est
« d’abord la capacité de saisir
des opportunités ou de détecter des menaces… » mais si on ajoute qui ne
répondent pas aux critères traditionnels des sciences du management on se
trouve dans une autre dimension.
Toutes les techniques et savoir mis
en œuvre dans les sciences du
management supposent l’acceptation commune de tous les acteurs de règles
suivantes.
-Processus
de décision et d’action conforme à une rationalité soit économique, psychologique ou sociologique compréhensible
et explicable dans la logique de la décision.
-Respect
des règles ethniques et légales.
-Intégrité
des domaines au sens de M Porter: les acteurs externes respectent la logique du
secteur dans son rapport avec la société.
Ceci
est une vision optimiste mais aussi utile pour certains de l’univers
économique.
Dans sa
version défensive l’Ie devient donc un processus charger d’identifier les
« dérapages » de certains
acteurs quant aux règles tacites qui régissent implicitement les acteurs
économiques.
Dans sa
version offensive l’IE devient un processus charger d’influer sur les règles et
les acteurs, ce qui peut se faire autant dans l’illégalité que dans la
légalité.
Rien
de neuf sous le soleil ? Normal on est
à l’ombre !
L’AE et les représentations
Tout Agent Economique véhicule expressément ou
intuitivement une représentation de sa
raison d’être dans sa relation avec son environnement (« Business model ») .
Cette modélisation quasi culturelle répond aux
questions suivantes:
Cette
représentation quasi cognitive est le premier enjeux de l’IE avec tous ceux qui
peut affecter le business model pour réduire sont efficacité ou sa
pérennité.
Tout Agent Economique utilise son
histoire, son savoir pour construire sa vision à la fois des règles qui
gênèrent le succès et des actions qui y conduisent (« Key
success factors »).
C’est ce que l’on nomme
« facteurs clé de succès »
Cette représentation est le
second enjeux de l’IE car tous ce qui affecte les facteurs clés de succès est
de nature à provoquer l’échec.
Tout Agent Economique présente
des risques pour sa pérennité ou son futur potentiel. Un risque est défini ici à la fois comme une
menace au sens militaire du terme, et comme un événement négatif au sens de
« la gestion des risques ».
Ces
risques sont-ils opérables ? Par qui ? Comment ?
Ces
risques sont-ils « génèrables » , « augmentables » par un acteur hostile ?
Ces
risques sont-ils lies à d’autres enjeux
qui dépassent l’Agent Economique ?
Ces risques sont-ils maîtrisables ? …
Autant de questions qui
aujourd’hui sont envisagées partiellement dans une vision du risque perçu comme
le mauvais sort ou la malchance.
Cette dimension est le troisième
enjeu de l’IE que ce soit dans une vision offensive ou défensive (cela pourrait
se dénommer « Key failure factors »).
C’est dans cette approche que se
situe la « Veille », le « Lobbying », la protection
des actifs matériels et immatériel.
Les sciences du management n’ont
que peut investigué ce domaine officiellement, on peut le comprendre lorsqu’on
connaît les sources principales de savoir dans le domaine.
Un savoir sur les « key
failure factors » devient en effet une arme offensive de la guerre économique et culturelle dans laquelle
nous sommes.
Faites une recherche sur Internet
« Key failure factors » vous y trouverez un nombre de référence
ridicule pour la majorité issues de
« Spotting the Losers: Seven Signs of Non-Competitive States » 1998
Ralph Peters ; faites la même recherche avec « key success
factors » vous serez noyé sous l’information. Pourquoi a votre
avis ?
Trois manques pour une approche
Deux domaines manque dans la présentation
faite par Wikipedia :
-La mise en perspective du CYCLE
de L’INFORMATION, dogme de l’IE mais concept
« trivial » du marketing et des études.
-La dimension « manipulation »
comme méthode d’influence « non ouverte » par opposition aux autres
savoirs du management (marketing, RH,…etc) qui sont « ouvertes et partiellement
transparentes » puisque les acteurs en sont identifiés .
-La remise cause des théories « de
management stratégique » sur la base des apports de la perspectives IE
(SWOT, Porter …etc) qui sont toutes à revisiter.
Et pour illustrer cette idée :
consultez les informations disponibles sur le thème des
biocarburants, vous conduirait à coup sur vers les chemins des huiles
originelles …mais si vous regardiez en arrière pour être capable de voir
devant vous seriez étonné de la force
du principe de réalité quand on a l’intention de survivre dans l’univers des
affaires. Rendez hommage a R Diesel et faites le bon choix technologique car si votre « Business model » repose sur les huiles végétales vous pourriez avoir des
surprises